jeudi 7 mars 2013

Emergency 911, de Ryan David Jahn


L’Américain Ryan David Jahn avait signé un très bon polar psychologique l’année dernière, « De bons voisins ». Le revoici avec un nouveau livre très différent, plus axé thriller à la sauce flic-texan-qu’a-peur-de-rien VS redneck-bouseux-qui-séquestre-des-gamines-sans-trop-comprendre-ce-qu’il-y-a-de-mal-à-ça.
Le roman débute alors que Ian, flic dévasté depuis l’enlèvement de sa petite fille il y a sept ans, reçoit un appel au 911. A l’autre bout du fil : sa fille, bien vivante, qui est parvenue à s’échapper de la cave où on la séquestrait. Manque de bol, son ravisseur est sur ses traces et parvient à la récupérer. Avec les nouveaux indices qui viennent de surgir, Ian va alors tout faire pour récupérer son enfant
Très différent de « De bons voisins » disais-je. Le réalisme, la psychologie des personnages : out ! Bon, pour le réalisme, admettons, on est dans un thriller alors laissons-nous porter par l’action. Par contre c’est plus gênant pour la dimension psychologique. Une chose m’a vraiment embarrassé : je n’ai jamais ressenti que Ian était dévasté par la disparition/mort de sa fille. Je n’ai pas ressenti non plus qu’il était bouleversé lorsqu’il se rend compte qu’elle est finalement bien vivante au bout de 7 ans. Ryan David Jahn se contente de nous décrire son pétage de plomb et ses actions extrêmes (poursuite du couple qui a séquestré sa fille avec quelques gros calibres, torture bien tranchante pour obtenir des informations…) Alors forcément, on comprend bien que s’il fait tout ça, s’il va aussi loin, c’est parce qu’il est bouleversé. On le comprend. Mais on ne le ressent pas.
Reste que le livre se lit bien. Qu’on y trouve ce qu’il faut d’action et de suspense pour ne jamais s’ennuyer. Et que Ryan David Jahn a un vrai style. Mais en le voyant se contenter de signer un petit thriller – bien réalisé mais amené à être vite oublié - je ne peux pas m’empêcher de faire mon grincheux.

Emergency 911 (The Dispatcher), de Ryan David Jahn, traduit de l'anglais (USA) par Simon Baril, Ed. Actes Sud, 336 pages.

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